08/04/2014

Les orangers poétisés par BLASCO IBANEZ

 
 
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Les orangers, recouverts depuis le tronc jusqu'à la cime de petites fleurs blanches pures comme du marbre, ressemblaient à des arbres de cristal filé : ils rappelaient ces fantastiques paysages enneigés qui frissonnent dans la sphère des presse-papiers.

 Les ondes de parfum, toujours renouvelées, se répandaient à l'infini avec un frémissement mystérieux, transfigurant le paysage, lui conférant une atmosphère surnaturelle, évoquant l'image d'un monde meilleur, d'un astre lointain où les hommes se nourriraient de parfums et vivraient en éternelle poésie.

L'ensemble transfiguré par cette ambiance de boudoir d'amour illuminé par un immense fanal de nacre. Les craquements secs des branches, résonnaient dans le profond silence, comme des baisers; le murmure de la rivière paraissait comme un écho de ces conversations à la voix étouffée, qui chuchotent au coin de l'oreille des paroles vibrantes de passion. Dans les roselières, chantait un rossignol qui semblait anéanti par la beauté de la nuit.

 L'on désirait vivre plus que jamais; Le sang semblait couler dans le corps plus vite qu'à l'accoutumée, les sens s'aiguisaient et le paysage imposait silence dans sa pâle beauté, comme ces intenses voluptées que l'on savoure avec un recueillement mystique.


Blasco Ibañez : "Parmi les orangers"
1900. ( 1867-1928) Traduction J. G. Riquelme


Connaissez-vous le parfum des orangers ??? C'est enivrant, c'est à tomber !!!
En ce moment, les arbres portent à la fois les fleurs et les ... fruits...
J'ai pris ces photos samedi dernier.   J'ai choisi un arbre très chargé en fruits pour son côté spectaculaire (il prospère dans le patio de LA LONJA - "la Bourse de la Soie")




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